Journal, La moto, L’équipement, Voyage 2018/2019

Un an sur la route – Bilan.

Un an sur la route, l’heure d’établir un bilan.

Déjà laissez-moi me présenter. J’ai 57 ans (aie !), voyageur depuis le berceau ou presque. Motard depuis l’âge de 31 ans et voyageur à moto depuis 2003, époque à laquelle j’ai réalisé le tour de l’Afrique sur 16 mois. Le petit bilan ci-dessous est sans prétention aucune et ne reflète que mon avis et expérience personnelle.

Bilan Personnel :

Quand je suis revenu en France à l’âge de 15/16 ans … j’ai eu beaucoup de mal. Tout était trop carré, trop organisé. Les haies trop bien entretenues, le gazon trop bien tondu. Quelque part, cela m’étouffait, m’enfermait dans un carcan. Au début de ce voyage, j’avoue avoir eu du mal. Déjà j’étais beaucoup trop gros… à cela s’ajoute le poids des ans, et cela n’a pas été facile de se remettre en selle si j’ose dire. Et puis, j’ai eu du mal à me mettre dans le bain, dans le voyage : la Turquie d’aujourd’hui même si j’adore ce pays, n’a plus rien à voir avec celle de mon enfance. Ensuite pour ce qui concerne les pays en “stan”, il y a eu la barrière de la langue. Pour la pipelette que je peux être à l’occasion, c’est carrément frustrant. Et puis.. Peut-être aussi… trop “facile”, trop déjà occidentalisé malgré tout ou alors trop russifié ? (même si j’ai eu quelques très belles rencontres, à commencer par Rushan et son mari, une rencontre rare et précieuse). J’ai commencé à prendre vraiment mon rythme en Iran. Et je me suis totalement éclaté au Pakistan et en Inde. Même si j’ai pesté contre les sempiternels contrôles de police et les tracasseries administratives au Pakistan… je suis dans mon élément. M’arrêter au bord de la route, et debout sur la moto boire un jus de canne à sucre, ou encore à Lahore me balader à pied dans les rues surpeuplées et m’arrêter boire un milk-shake, tester la street-food omniprésente, assister aux différentes traditions rurales auprès du prince… Dans ce chaos, bin je vais vous dire un truc : je suis chez moi. Dépouillé de mes vêtements de motard, je baguenaude dans les rues. Avec la moto, je me balade dans les petites routes de montagne indiennes. BREF, c’est l’éclate, malgré un passage à vide de presque deux mois suite à un événement perso (Internet est parfois une malédiction et malgré tous ses avantages, ne vous permet plus de vous couper de votre environnement habituel. Cela reste un « lien » mental très fort dont on ne mesure pas forcément l’importance, tellement il est devenu habituel dans nos vies). A cause de tout cela, j’ai mis plus de temps que la première fois pour redevenir nomade. Mais la mutation a bien eu lieu. Par contre, en observant d’autres motards, je me dis que je suis d’abord voyageur et ensuite motard. Bref voyageur-motard et non, motard-voyageur. L’approche est sensiblement différente.

Bilan sur le voyage à proprement parler :
Cool, mais beaucoup moins aventureux que l’Afrique hormis le Pakistan et le Turkmenistan. 🙂
Beaucoup de frustration au début à cause de la barrière de la langue et aussi par une civilisation avec laquelle j’ai moins accroché qu’avec les peuples d’Afrique. Ceci dit, je pense qu’on peut rendre le truc plus intense, mais cela nécessite pour le coup une grosse préparation d’itinéraire afin de sortir totalement des axes de circulations. Eh oui, le monde évolue. Ca a du bon et du moins bon 🙂 et la philosophie n’est plus la même. 

Mes erreurs : 
1/ absence de prépa physique (ca ….)
2/ avoir négligé qq détails sur la prépa de la moto qui m’ont emmerdés au depart : entretoise de câble d’embrayage , disque de frein (par économie, mauvaise option. Je l’ai remplacé en novembre), et surtout ce maudit filtre. GROSSE ERREUR
3/ peut etre avoir pris les choses trop cool. J’aurai sans doute pu aller plus vite. Mais c’était l’option que je m’étais fixé pour ce voyage : prendre du temps pour moi avant tout. Mais cela m’a fait raté la Pamir Highway. Tant pis. 
4/ pas pris de reflex ni de drone. Ca permet quand même plus d image
5/ Ne pas parler un seul mot de russe
6/ avoir demandé mon extension de visa à Islamabad et non Lahore… mais bon cela fait partie du jeu. 
7/ Moto malgré tout trop lourde. Seul on hésite à s’engager dans certaines zones alors qu’avec une moto plus légère j’y serai allé sans inquiétude.

Les moments forts

  • Ma plus belle rencontre : Sans conteste Issa Omidvar. Quel personnage ! Juste derrière, le prince Malik. Je ne mets pas Maral dans cette liste puisque je ne l’ai pas (encore, mais cela ne saurait tarder) rencontré réellement même si nous avons pas mal discuté via email et whats’app.
  • Les plus beaux paysages : Kirghizistan et sans doute Tadjikistan (que je n’ai pu voir, parce que j’ai trop trainé… l’hiver était déjà là. Mais j’y retournerai … plutôt sur un cheval)
  • La plus grosse galère : pas vraiment de grosse galère. Un peu inquiet en altitude lorsque Utopia a accusé des pertes de puissance quasi totale.. en pleine montée et au bord de jolis à-pics, mais sans plus
  • Le pays le plus marquant et aventureux : Le Pakistan.
  • Les instants les plus exaltants : aux côtés du prince Malik à la découverte du Punjab profond.
  • Le(s) pays où je pourrai rester vivre : l’IRAN, le nord de l’Inde dans les montagnes et dans une cabane en haut d’un arbre. J’exclus le Pakistan du fait de la non-possibilité de discuter tranquillement avec des femmes… les relations (amicales !!!) avec des femmes me manqueraient trop.
  • La plus grosse peur : aucune pour le moment. (Ah, si une très brève alors que j’étais dans un camion à Quetta Pakistan sous protection armée et qu’un gamin s’est amusé à lancer une brosse à chaussure à mes pieds… Grenade ? …

Bilan équipement (hors équipement motard)

  • Tente – MSR Hubba NX.
    • Bonne tente, fonctionnelle et légère (1,7 kg) – armature en alu.
    • La toile intérieure fait moustiquaire, et comme la tente est autoportante, elle permet le cas échéant de se protéger dans une chambre d’hôtel dans certaines zones impaludées. En outre, elle est parfaitement étanche en cas de forte pluie … mais attention, le tapis de sol ne l’est pas, donc vous ne serez pas protégé en cas de ruissellement. Je contourne le problème en mettant une bâche DANS la tente : cela protège de l’humidité ET des petites épines qui pourraient facilement percer le matelas autogonflant dans le cas contraire. La fermeture éclair de la toile intérieure commence à montrer des signes de fatigue.
  • Matelas thermarest Prolite plus regular :tout juste génial. Aucun souci et super confortable pour un encombrement réduit une fois dans son sac de transport. Ne pas prendre la demi-taille : d’une part ce sera votre matelas pour plusieurs mois, d’autre part, en cas de ruissellement, vous resterez au sec y compris au niveau des pieds (sauf si vous avez eu la mauvaise idée de planter votre tente dans le lit d’un cours d’eau… LOL)
  • Réchaud multicombustible MSR  XGK EX :excellent, quoiqu’un peu bruyant. Il ne s’est pas encrassé une seule fois. (par contre, il est passé de 112 euros à 149 euros sur le même site en l’espace de 1 an… !! Ou alors erreur de référence sur le site à l’époque : la réf sur ma commande de ce réchaud, correspond à un autre modèle toujours à 112 euros ??)
  • Filtre Katadyn pocket filtre : je n’en ai pas eu l’utilité. Ne s’impose à mon sens que dans certaines zones tropicales ou subsahéliennes. Pour un voyage en Asie : à la limite choisir un filtre que l’on place sur la gourde : largement suffisant – sauf si vous prévoyez de rester longtemps dans des zones inhabitées mais à moto, cela est toujours difficile ne serait-ce qu’à cause de l’autonomie en essence (vive le 4X4 pour cela). Je déconseille pour ma part la désinfection chimique pour un long voyage (histoire de ne pas vous détruire la flore intestinale ??? Mais je ne suis pas médecin… Simple intuition et bon sens, je crois).
  • Lampe frontale petzl légère :géniale au quotidien et suffisante, mais peu puissante. Bonne autonomie. Se garde facilement en permanence dans la poche du blouson.
  • Lampe frontale Lupine PIKO X7 1800 Lumens : chère, ultra-puissante mais lourde et chauffe beaucoup à pleine puissance. Bien pratique parfois. Je ne l’ai que peu utilisée, mais bien content de l’avoir à l’occasion. (par exemple pour essayer de voir si aucun ours ne rode trop près de la tente…)
  • GPS Montana 680 : parfois il perd les satellites ( ??). Prévoir suffisamment d’écrans de protection : ils ont tendance à devenir assez opaques relativement rapidement. Je préfère avoir un « vrai GPS » plutôt que d’utiliser mon tél. : déjà, il permet de définir une trace à l’avance, ou encore d’enregistrer sa trace. Ensuite, il est étanche. Enfin, il permet de ne garder le téléphone qu’en cas de panne du GPS principal. (mais peut-être prévoir d’office un support pour le téléphone sur le guidon au cas où ?)
  • Téléphone : Fonctionnalités obligatoires si vous gardez une carte SIM française (pour vos opérations bancaires par exemple… et vous en aurez besoin lors du paiement des visas online)
    • Double carte SIM
    • Bonne qualité d’appareil photo
    • Possibilité de stockage mémoire supplémentaire (le stockage dans le cloud, c’est bien à la condition de toujours disposer d’un bon réseau.)
    • Applications utiles sur le téléphone :
      • Maps.me : cartographie et calcul d’itinéraire hors connexion (à la condition d’avoir téléchargé la cartographie ad hoc). Moins bon que google maps mais au moins marche partout.
      • I-Overlander : site de partage d’informations entre overlander (4X4, Moto, bicyclette)
      • VPN : Indispensable. Perso, j’utilise express VPN. Pourquoi indispensable : je vous invite à lire l’excellent post d’Alex sur le sujet : https://www.lostwithpurpose.com/always-use-vpn/ (oui, c’est en anglais, mais si vous voulez partir et que vous ne comprenez pas …mettez-vous-y rapidement !!! LOL)
      • Deezer (ou autre) : pour avoir SA musique. Avec l’option écoute hors connexion
      • Google translate
      • WhatsApp, applications bancaires, etc.
  • La bâche : INDISPENSABLE selon moi : permet d’avoir un lieu de vie près de la tente où l’on peut s’allonger, manger, etc. Et la nuit, placée dans la tente, elle permet de protéger le matelas.
  • Bonnet : ne pas l’oublier. Bien content de l’avoir pour dormir par des températures négatives.
  • Vache à eau 10 l : pas utilisée puisque j’ai mon bidon de 10 l en acier à l’arrière de la moto. (bon parfois l’eau prend la couleur de la rouille, mais ce n’est pas toxique et il suffit de bien rincer et de remettre de l’eau pour que cela soit OK)
  • Montre : n’importe quel modèle, pourvu qu’elle soit étanche. Perso : Casio AD S800 WH : étanche à 200 m & alimentation solaire : pas de piles !)
  • Sac de couchage : Un valandré. Le même depuis 23 ans…
  • Sac à viande en soie : léger, protège le sac de couchage ou a défaut, peut-être utilisé seul par forte chaleur (le sac de couchage plié me sert alors d’oreiller)
  • Oreiller : je n’en ai pas… (vêtements, sac de couchage selon)
  • Sur-sac de couchage : (permettant de se glisser dedans avec le sac de couchage : protège de l’humidité et permets de gagner quelques degrés supplémentaires) : je n’en ai pas… mais il m’est arrivé de le regretter par températures vraiment basses.
  • Balise GPS : sécurisant et rassurant pour les proches.

Bilan équipement MOTARD

• Casque Touratech Aventuro Modulable : excellent casque. Pas trop lourd (quoique toujours trop), modulable (important pour pouvoir parler aux autorités  ). L’écran antibuée s’avère pénible dans des conditions poussiéreuses : la poussière se loge entre les deux écrans et c’est juste pénible à nettoyer. Je l’ai enlevé.

• Blouson BMW Rally 2 : très bon blouson polyvalent. Nombreuse ventilation potentielle. Malgré tout, un peu trop chaud et lourd par forte température (je le trempe carrément dans l’eau dans ces cas-là). Attention, il n’est pas du tout étanche : l’étanchéité est assurée par une doublure interne amovible. Il faut donc penser à s’arrêter très si le temps devient menaçant.. Sinon… trop tard. Autre défaut subséquent : (en dehors du prix) : ce qui est dans les poches (le passeport par exemple) ne sera pas protégé contre la pluie…(il y  a une poche interne dans la doublure qui elle est étanche mais encore faut-il la mettre à temps..). DONC… j’ai mis mon portefeuille dans un petit sac plastique style congélation. En résumé : excellent blouson pour des conditions climatiques variables. En revanche, si le voyage ne vous amène à affronter que des conditions très chaudes (Afrique…), ou à l’inverse très froides : choisir le blouson spécifique à ces conditions.

• Pantalon BMW moto City Denim :

  • Pourquoi un pantalon moto et non un simple jean’s… Bin avant, j’étais en jean’s… mais cela c’était avant de passer 2 mois à l’hôpital pour bassin fracturé. Par ailleurs, un jean’s dans ces conditions va s’user très rapidement (en Afrique, mon jean’s neuf avait duré 8 mois).
  • Pourquoi un pantalon style jean’s typé « ville » : parce que je veux, une fois casque et blouson retirés être le plus discret possible et ne plus être identifié comme « motard »
  • Les plus : discret en ville, bonne protections, poches – dont une à zip – au niveau des cuisses idéales d’accès lorsque l’on est à moto et inaccessibles à un pickpocket (de taille normale !) lorsqu’on se balade. Bonne qualité de fabrication.
  • Les moins : un peu chaud (pas de possibilités d’ouvrir des aérations comme c’est le cas pour le Rally 2), et le tour de taille à tendance à s’allonger avec le temps…. Pas loin de 1 cm par mois, ça fait quand même beaucoup …(LOOOOL).

• Botte Gravels BMW : le mauvais choix de ce voyage. Elles ne sont pas trop mal en termes de qualité de matériaux, mais taillent petit et la conception au niveau du bout du pied est mauvaise : un peu étroites aussi bien en largeur qu’en hauteur. Par forte température, et alors que les pieds gonflent, elles deviennent vraiment inconfortables. Bref… je ne reprendrai pas ce modèle (ou alors une taille au-dessus).

• Manchons poignet : indispensables quand on passe sous les 0°

• Sous-vêtements chauds : je ne trouve plus les références, mais j’ai acheté un ensemble collant et polo sur un site vendant du matériel de tronçonneuse. C’est destiné aux bucherons travaillant l’hiver. A la fois chaud et léger à transporter, c’est idéal. Quand les températures descendent de trop, je les gardais pour dormir.

• Chaussettes : décathlon, légères et solides. Une paire plus épaisse pour les grands froids.

• Tour de cou : Bien pratique quand il fait froid. Par forte température, je lui préfère le bandana (bleu ! ). Cadeau de Touratech, merci, Yvon 

Bilan Bagagerie (full Touratech) :

  • Caisses alu : l’éternel débat bagagerie souple ou rigide … personnellement, je suis bien content de disposer de caisses fermant à clé… Les défauts de la première génération ont été corrigés (en particulier par l’adjonction de protections plastiques rigides aux angles, sans lesquelles les caisses se déforment à la moindre chute). Prévoir de mettre une fixation en U sur chacune d’entre elles. Cela permet de les lier ensemble et à un point fixe dans une chambre d’hôtel « mal » fréquenté par exemple. (Si vous devez les défaire, des supports de la moto of course. Depuis quelques jours, je réfléchis également à fixer un petit sac semi-rigide sur la façade avant de l’une d’entre-elle afin d’y mettre les courses du jour (fruits légumes, etc.)
  • Sacoche de réservoir avec sacoche latérale : solide et bonne conception. Un ENORME défaut cependant : les sacoches latérales (le long du réservoir) qui me servent à stocker mes vêtements, ne sont ABSOLUMENT pas étanches… donc sac poubelle indispensable à l’intérieur si l’on ne veut pas voir sa garde-robe trempée…
  • Sac polochon Touratech (cadeau de Touratech, merci Yvon). Franchement idéal pour de grand voyage. Parfaitement étanche. Deux bémols : ne pas le prendre trop grand (on a tendance à tout y mettre. et à la fin ça pèse…) ET prévoir des clips d’attaches en plastique supplémentaire : ils finissent par casser.
  • Pour fixer le sac polochon : sangle à cliquet (oubliez les tendeurs) … moins cher que les attaches spécifiques moto et largement aussi efficace.
  • Et pour le gonflement des pneus … une pompe à pied. Efficace, ne tombe pas en panne et ne tire pas sur la batterie si vous êtes en conditions « sous zéro » avec une batterie faiblarde…

Pharmacie : ce que j’ai utilisé (mais cela ne veut pas dire que le reste est inutile)

  • Antidiarrhéique et désinfectant intestinal (pas souvent mais bien content d’en avoir quand cela arrive)
  • Anti-inflammatoire (comprimés et pommade)
  • Analgésique
  • Bétadine
  • Pommade antibiotique (pour un ongle incarné qui menaçait de se transformer en panaris). En Afrique, cela m’avait servi afin d’éradiquer une sorte de mycose sur les cuisses.
  • Sérum physiologique pour nettoyer plaie
  • Pansements

Le choix de la moto. La moto idéale ?

  • J’ai choisi de repartir avec la même moto que celle que j’avais utilisée en 2003/2004 : UTOPIA une vieille R 100 GS. Pourquoi ? Est-ce le bon choix ?
  • Pourquoi :
  • Par sentimentalisme (la mauvaise raison par excellence …)
  • Parce que je connais la moto
  • Facile à réparer, pas d’électronique
  • Est-ce le bon choix ?
  • La question par excellence : quelle est la bonne moto. La réponse est complexe.
  • Déjà : IL N’Y A PAS DE MOTO IDEALE pour un voyage au long cours. Tout est une question de compromis. En Asie Centrale, sur les longues distances planent, c’est la bonne moto par excellence. Sur les pistes pierreuse ou raisonnablement sablonneuse, également. Cela se corse dès que l’on arrive dans la boue bien glissante (mais très peu jusqu’à présent) ou au contraire dans laquelle on s’enlise bien profondément (pas vu jusqu’à présent, mais commun en Afrique tropicale).
  • Depuis que je suis arrivé en Inde en particulier (mais également à Lahore au Pakistan), je peste contre son poids. Et je sais, pour y avoir déjà été, que ce serait la même chose en Asie du Sud : elle est définitivement trop lourde et encombrante. En outre, on n’a pas besoin de tant de puissance sous ces contrées, et ce pour plusieurs raisons.
    • La densité de population et du trafic sur les routes ne permettent que des moyennes très basses (pour exemple, un couple d’indien rencontré il y a peu m’a dit n’avoir fait que 300 km en 12 h de route …) et être coincé dans un trafic aussi dense avec un tel mammouth est épuisant. A fortiori par forte température, avec tout l’équipement sur le dos. Lorsqu’on arrive à prendre un tant soit peu de vitesse, on est heureux : cela rafraichit !
    • Au nord de l’Inde, dans les montagnes, les routes sont… extrêmement pentues, à double sens et très, mais vraiment très (mais très) étroites. Une moto lourde vous garantit quelques sérieuses sueurs froides lorsque vous vous trouvez nez à nez avec un camion arrivant à contresens dans un virage en épingle à cheveux ET en pente, tout en étant vous-même du côté du ravin (et que pour couronner le tout, si c’est de la piste et non du goudron …) si vous voulez avoir une idée de ce que cela donne …https://www.youtube.com/watch?v=NoEAp1hNvgA
    • C’est également une question de sécurité : dans pas mal de contrées, les autres usagers de la route n’ont pas l’habitude de motos puissantes et rapides… donc ils n’anticiperont ni votre vitesse, ni vos accélérations … donc les piétons ne vont pas hésiter à traverser alors que vous arrivez, ou encore le camion à doubler en face de vous. L’une des recommandations majeures que je ferais d’ailleurs à ce sujet : à de rares exceptions près, oubliez les grosses accélérations (en outre cela vous fera économiser vos pneus, chose appréciable si vous êtes dans des secteurs (Afrique) ou il peut-être difficile de s’en procurer. A titre d’exemple : avant de devenir voyageur au long cours, un train de pneus me durait entre 10 000 et 18 000 km. A mon retour, je dépassais les 40 voire 50 000 km sans soucis … d’ailleurs, mon train actuel en est à 15 000 km (continental TKC 70) et n’est même pas usé à 50 %.
  • En conclusion, le choix de la moto doit être fonction :
  • De la zone dans laquelle vous voulez aller
  • du TEMPS dont vous disposez. Si votre temps est limité, il vous faudra une moto permettant de faire le trajet de liaison rapidement ET d’aller dans des zones isolées.
  • Du nombre de voyageurs : si vous êtes seuls… n’oubliez pas que vous risquez d’avoir à la relever seul dans des conditions parfois compliquées (et loin des conditions idéales que vous trouvez dans des stages de formation : terrain plat, etc.).

La règle est simple :  si vous êtes seuls, plus le voyage que vous prévoyez est long (en temps) et vous amène dans des régions extrêmement isolées avec un réseau routier dégradé, a fortiori en dans les zones tropicales ou au contraire à très forte densité de population (et donc de trafic), plus la moto doit être tout à la fois simple, fiable, pas chère (pour la caution du CPD) et LEGERE. L’ennemi, c’est le poids. En clair : 600 cc grand maximum et sous la barre des 180 kg à vide. J’ai rencontré un voyageur parti pour 10 ans au guidon d’une X Challenge qui m’a fait baver.

Pour un voyage, plus court, avec un temps limité dans une région comme l’Asie centrale, prenez une moto un peu plus lourde, fiable (= dans ce cas, récente. Pas de CPD donc pas de problème de caution) permettant tout à la fois de rouler et de passer dans des pistes de difficultés moyennes sans problème (un 800 GS BMW par exemple ou une africa twin. La 1200 fera parfaitement le job, mais à mon sens, on n’a pas besoin de tant de puissance)

UTOPIA la fidèle

Je vous jure qu’elle fait son (avant) dernier voyage (je me dis que pour l’Australie, cela pourrait être la moto idéale …). Après cela sera une moto légère (surtout que j’aimerais me perdre au fin fond du Congo, et là… moto super légère impérative si l’on ne veut pas galérer de trop).

Petite comparaison entre mon voyage en Afrique (16 mois) et celui-ci

Ce voyage :

  • Bagagerie alu TOURATECH comme neuve (enfin presque),
  • crevaisons : 0 (je croise les doigts),
  • *casse : 0
  • problèmes mécaniques : Câble d’embrayage, casse à répétition au départ, cela était dû à une entretoise que j’aurai dû changer -fait maintenant,
  • Fuite au niveau de la boite de vitesse (problème au moment du remontage lors de la boite de vitesse après réfection ?)
  • perte de puissance en altitude : filtre à air super sale (KN, c’est bien mais plus difficile à nettoyer qu’un classique) et bougies noires : mélange essence trop riche : altitude + filtre à air
  • fuite de liquide de frein. Réparation de fortune sur le bord de la route en attendant de changer le piston.
  • plus sérieux : perte de compression, mais la moto tourne nickel …(sans doute de ma faute : pas assez rigoureux dans le nettoyage de ce fichu filtre. Peut-être aussi qualité d’huile? A un moment impossible de trouver de la 10W40, j’ai du mettre de la 20W50 ?)
  • batterie
  • Chutes : je ne sais pas, mais très peu (4 ou 5 – la première sur une piste en Turquie. J’ai vu une crevasse trop tard – 2 ou 3 lors de ma tentative de montée du col enneigé pour aller au Tadjikistan. 1 au turkmenistan, aucune depuis.)

Afrique :

  • Bagagerie alu Touratech : A jeter à la fin
  • Crevaisons… beaucoup
  • Problèmes mécaniques : Câble d’allumage, Roulement de directions et de bras oscillant, batterie, embrayage, joint spi de fourche : plusieurs fois, amortisseur arrière HS essentiellement des éléments de la partie cycle soumis à rude épreuve.
  • casse : Compteur suite à chute, fourreau de fourche suite à connerie de ma part
  • Chutes… VRAIMENT BEAUCOUP surtout les 3 ou 4 premiers mois (parfois 5 ou 6 fois dans la journée… épuisant. Presque aucune à la fin mais l’Afrique de l’EST, est beaucoup plus facile que l’Afrique de l’Ouest et surtout l’Afrique centrale)

Cela permet de se faire une idée de la différence entre ces deux voyages je pense.

Bien d’autres trucs à dire mais je l’ai dirai sans doute plus tard.. ou pas. Je ne pense pas écrire de livre sur ce voyage. Cela a été plus un temps pour moi, une période de réflexion. Le saltimbanque reviendra.. ou pas.. pour le moment, j’ai décidé d’errer sans témoins.

Et pour terminer, je laisse la parole à Hemingway.

“La sagesse des vieillards, c’est une grande erreur. Ce n’est pas plus sages qu’ils deviennent, c’est plus prudents.”

“Nous devons nous y habituer : aux plus importantes croisées des chemins de notre vie, il n’y a pas de signalisation.”

“Si deux personnes s’aiment, il ne peut y avoir de fin heureuse.”

“Le monde est un endroit magnifique pour lequel il vaut la peine de se battre.”

FIN

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2 Comments

  • Reply mobylette rollers 5 juin 2019 at 13 h 43 min

    Quelle épaisseur ton matelas? J’ai un auto gonflant de 3 cm mais ce n’est pas assez, je trouve ça trop incofortable!

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