Inde, Voyage 2018/2019

Au pays des babas-cool

Je vais vous faire un aveu : ces deux derniers mois n’ont pas été faciles. Quelques déconvenues sur lesquelles je ne m’étendrai pas. Conséquence : j’ai psycho-somatisé. Pour commencer hypotension, puis vertiges importants (j’osais à peine prendre la moto de peur de me vautrer), puis lombaires bloqués (et là carrément impossible de rouler), puis cervicales… J’ai donc pris les choses à la mode cool (comme d’hab quoi ! ) : le temps guérit tout ou presque, même si cela implique de faire certaines coupes sombres et radicales.

[j’en profite, petit règlement de compte perso – pour remercier tous et toutes ceux et celles qui (liste dans le désordre et non exhaustive), ne payent pas leur dette alors qu’ils ont employé des amis de mes parents (ce que ma mère m’a reproché jusqu’à sa mort…), qui me refusent un service qu’ils ont été bien content que je leur rende auparavant, qui ne me pardonnent pas un mouvement d’humeur alors même que j’ai passé des années à leur pardonner leurs propres manquements – au nom de l’amitié, etc, … ). Désolé de ce petit aparté assez obscur. Ce n’est pas dans mes habitudes, mais j’ai atteint mes limites. trop gentil, trop con. Je pense que cela s’applique un peu à moi .. on ne se refait pas. A tous ceux-là je dis :

1/ Ne pas confondre gentillesse et faiblesse – bien souvent, il faut une sacré force de caractère pour rester gentil.

2/ Je ne suis pas parfait, mais au moins je peux me regarder dans un miroir et tout ceux qui me connaissent savent que j’ai toujours été là pour ceux qui en avaient besoin, souvent au prix de m’oublier moi-même… mais désormais, je ne pardonne plus, quelque soit le prix à payer.]

Par ailleurs, je voulais envoyer ma moto en Afrique et la laisser là-bas quelque temps, mais administrativement cela s’avère compliqué. J’ai laissé une caution de 4000 euros en France pour la moto pour le CPD. Or pour me la faire rembourser, il semble qu’il faille que la moto soit sur le territoire français (et non pas en dehors d’un pays dans lequel le CPD est nécessaire, ce qui, de prime abord, semble logique).

Bref, pas mal d’interrogations quant à la suite de manière générale. J’avoue me faire violence pour continuer à maintenir ce site. Si donc, dans les prochains mois, vous ne voyez aucune mise à jour, ne vous inquiétez pas. Le saltimbanque reviendra tôt ou tard.

Ne vous alarmez pas de ces lignes, mais sur de longs voyages, on a des périodes fastes et d’autres moins, tout comme dans la vie courante. Tout est amplifié, c’est la différence majeure. Ceci dit, je termine là cette parenthèse, pour revenir au voyage.

La cité des babas cool.

En arrivant à Dharamsala et le village au-dessus, McLeod-Ganj , le lieu où le Dalaï-Lama a trouvé refuge après sa traversée épique de la chaine Himalayenne en 1959 au terme d’une véritable épopée de 3 semaines durant laquelle, il doit revêtir un habit de domestique afin de passer inaperçu et endurer des marches de 15 km par jour à 5000 m d’altitude.

En arrivant, j’ai une pensée pour Issa Omidvar, qui en 1954 alors qu’il était en Inde, répondait à un homme qui lui proposait du Haschich pour planer, qu’il « n’était pas un parfait baba cool »  (et que donc il ne fumait pas). De fait, cela fait des décennies que l’Inde est le lieu de rassemblement des babas cools. Au fil du temps, ils affichent toujours un peu les mêmes tenues et la même philosophie d’antisystème. Pour autant ils sont d’un conformisme affligeant, ce qui ne les empêche pas d’être globalement plutôt sympathiques. Quelques différences majeures avec leurs ainés cependant : Désormais ils ont de jolis bars et restaurants à leurs dispositions, eco-végan-friendly bien entendu. Ce qui ne les empêche pas, par ailleurs d’avoir pour la plupart des Macs et autres Iphones sur lesquels ils ont le nez plongé quand ils ne méditent pas. Ils sont aussi devenus plus « tendres » que leur ainé. J’avoue avoir souri en voyant l’une d’entre elles se plaindre auprès du restaurateur (lequel a traversé l’Himalaya quelque 20 ans auparavant) d’une poussière dans son verre.

Bref, Dharamsala, c’est le Lourdes du Babacool : mêmes boutiques de souvenir, même petits cafés mêmes restaurants. Je passe quelques jours à observer et discuter avec les uns et les autres. Le soir, je remonte dans la forêt, où j’ai trouvé une clairière au milieu des arbres, non loin d’un temple bouddhiste. Le matin, je suis réveillé par les singes qui viennent boire dans une grosse flaque d’eau toute proche. A l’occasion j’ai même le bonheur de voir des aigles s’y poser alors que je suis étendu dans ma tente en train de lire. Impossible de les prendre en photo néanmoins : au moindre mouvement de ma part, ils s’envolent. Le lieu est calme et j’y passe quelques jours avec félicité. Le seul problème est que je suis obligé de plier ma tente tous les matins et de la remonter le soir de peur que les singes n’en fassent une charpie. Durant la journée, je cache soigneusement le sac dans un trou sous un arbre. De cette manière, je préserve mon matériel de ces petits voyous à 4 pattes/mains. Une fois j’essaye de leur faire un tour de magie, mais c’est le bide complet. Je me dis que je devrais peut-être en inventer un ou je fais apparaitre des bananes…

Le temple Hindou perdu dans les montagnes

`Un jour, un jeune me recommande d’aller dans voir un lac dans la montagne au côté duquel a été construit un temple hindouiste. L’endroit selon lui est magnifique et là-bas, il n’y a « no fucking tourist ». Je vérifie dans mon guide : effectivement, nulle mention de ce lieu. Je décide donc d’y aller. C’est à environ 200 km d’où je suis, et dans ma direction.

Sur les derniers kilomètres, la route devient un peu compliqué sans être insurmontable : étroite, sinueuse, avec des à-pics impressionnant, et surtout des véhicules à contre-sens qui parfois ont tendance à vouloir toute la route pour eux. Je suis à moto, donc non prioritaire. Mais le jeu en vaut la chandelle. L’endroit est totalement isolé. Les seuls touristes sont des locaux. D’ailleurs rien n’est écrit en anglais et je reste un instant dubitatif devant les w.c. : quel côté choisir ?

Le soir, j’ai le bonheur d’assister à une cérémonie hindouiste. Les tam-tam des tambours et longues complaintes des sortes de cors indiens résonnent dans la nuit. C’est absolument magique. Curieusement, je suis autorisé à prendre des photos durant la cérémonie, mais pas durant la préparation du repas, viandes cuites sur d’immenses feux de bois, qui s’ensuit.

Durant la nuit, l’orage éclate. Dans ces moments-là, protégé par ma fragile tente, j’ai vraiment la sensation d’être à l’endroit où je dois être.

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