Arménie, Azerbaïdjan, Kazakhstan

De Guymri (Arménie) à Aral (Kazakhstan)

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Un mois sans poster sur le site… je deviens paresseux 🙂

Lors de mon dernier post, j’étais en train de descendre vers le sud de l’Arménie. Je vais essayer de résumer ce qui s’est passé durant ces derniers 30 jours… Tâche ardue d’autant plus que je n’ai pris quasiment aucune notes.. paresseux, je vous l’ai dit. Voici donc le journal de bord de ce dernier mois.

 

Le sud de l’Arménie

Les abeilles.

Il y a des ruches partout, y compris dans des semi-remorques arrêtées près de la route. Les apiculteurs vendent leur production juste à côté.  Pour ne pas avoir roulé la visiere fermée je me suis retrouvé avec un dard planté dans la paupière inférieure malgré les lunettes de soleil… intense jouissance…

 

 

Vodka nocturne.

Quand tu penses passer un bivouac tranquille et qu’au final tu te retrouves bourré comme une queue de pelle parce que des arméniens ont décidé de faire un BBQ juste à coté de l’endroit ou tu as planté ta tente… et que bien entendu ils t’invitent à partager……j’ai rien compris à la conversation mais bien rigolé quand même .. et je sais pas ce que j’ai mangé mais c’était bon… et putain elle était forte leur vodka.

 

 

Un voyage de noce à vélo….

Sur la route du Sud, je tombe sur un couple de français à vélo… en voyage de noce : Arthur et Aude. Derechef je décide de rester avec eux. Le premier soir, je sors une boite de pâté du Sud-Ouest pour fêter leurs deux mois de mariage. Le second soir, on campe sur le terrain d’un arménien cultivateur de figues… et chasseur de loup. Une énorme peau trône dans son salon. Encore une fois, le passage par la case vodka est obligatoire. L’homme nous raconte avoir passé 25 ans en prison pour meurtre… ambiance…

 

Tatev

Une fois arrivé complètement au sud, je me sépare de Arthur et Aude qui continuent vers l’IRAN. Je prends la direction du Nord en passant par une petite piste dans les montagnes. Arrrivé à Tatev, je prends mes quartiers dans une pension de famille tenue exclusivement par des femmes… et je me sens comme un coq en pâte. On m’amène, des abricots, une petite table basse pour travailler, un petit pouf pour m’assoir… J’y reste 3 jours et je fais le trajet via le téléphérique le plus long du monde : presque 6 km.

 

Yeravan – le temps d’une Vidange.

Eh oui, ça fait 10000 km que je suis parti ou presque .. une petite inspection/vidange s’imposait ….Je m’installe dans le garage d’Arsene qui m’a refait le cable d’embrayage il y a quelques jours. Pendant ce temps mon ami Arsène répare une voiture … il lui faut une pièce …. il prend la photo, l’envoi à un de ses amis qui a un magasin … Le temps de prendre un café tous les deux et de discuter un peu … la pièce arrive via un taxi … et il reprend le taf…. quand je vous dit que voyager cela commence par cesser d’être avec notre timing d’occidentaux …;-)

 

Guymri

Pour remonter à Guymri, je passe par une nouvelle route plus à l’EST. Le soir, l’orage menace. Je m’arrête dans la forêt sur le territoire d’un Kangal qui décide de veiller sur moi toute la nuit. Le lendemain, j’arrive à l’Hôtel Kars à Guymri dans lequel j’ai laissé mes pneus lors de la descente vers le sud. Mais un motard à pieds, c’est maladroit et je me blesse au pouce droit en me vautrant sur le trottoir en marchant tranquillement dans la rue. Cela me vaut une halte de 8 jours au final : impossible de conduire la moto.

 

Vers l’Azerbaïdjan.

Impossible de passer directement de l’Arménie vers l’Azerbaïdjan : la frontière entre les deux pays est fermée. Il faut repasser par la Géorgie. Je décide de passer par une frontière à l’Est de l’Arménie au milieu des Montagnes. Je passe aux côtés d’usine de l’époque soviétiques désormais abandonnées ainsi de cimetière curieusement disposés le long de la route… une manière de rappeler aux automobilistes que la vie est éphémère ? Le soir, je m’arrête près d’un vendeur de pêches. Lorsque je lui dis que je n’en veux que 3, il me les donne et refuse tout paiement.

Côté Géorgien, une voiture me double à 200 km/h en me frôlant. Je la vois tourner un peu plus loin et s’arrêter devant un restaurant. Enervé, je le suis, et je lui passe le savon de sa vie devant tout le restaurant en le traitant d’inconscient… les personnes attablées qui assistent à la scène, m’invitent à partager repas et vodka…

 

 

Azerbaïdjan et Bakou : le pays des contrastes

A vrai dire, je n’avais aucune idée de ce à quoi m’attendre en Azerbaïdjan. Je savais seulement que je risquais d’avoir des problèmes du fait de mon passage en Arménie : les relations entre les deux pays voisins sont très tendues. De fait, le passage de la frontière se passe sans encombre. Les 550 km plutôt monotones au milieu d’une immense plaine agricole qui séparent la frontière de la capitale Bakou se font sur une magnifique 4 voies (avec séparation centrale) tout au long de laquelle j’ai pu estimer à 150 à 200 le nombre de radars… sans compter les caméras de surveillance et la multitude de patrouille de police dans leurs magnifiques BMW toutes blanches et flambantes neuves. Bœufs, moutons et autres équidés traversent tranquillement et en toutes libertés cette autoroute dont certaines portions permettent d’aller à 110 km/h. Sur les bords de cette 4 voies des paysans vendent leur production (raisin, pastèque, melon etc.). Les villages ont l’air neuf. La route y est éclairée par des lampadaires … Curieux mélange de modernisme ultra-tech et de vie traditionnelle. Un pays qui m’a semblé être à la croisée des chemins.  Il faut compter aussi avec les dizaines d’hommes en jaune qui nettoient l’autoroute avec pelles et … balais…

Puis enfin on arrive vers Bakou aux bords de la mer Caspienne…. Un vent à décorner les bœufs. J’ai bien failli me foutre par terre deux ou trois fois à cause des rafales de vent qui faisait chasser la roue avant. La Banlieue est particulièrement laide, et ne donne pas envie de s’arrêter : juste continuer son chemin… puis Bakou enfin…immense et moderne. Difficile d’en faire le tour. La ville se révèle agréable avec ses grandes avenues ombragées, ses commerces de luxe… On y trouve la mention de Paris partout : parfum de Paris, bistro de Paris, etc.…

 

Alat : attente du Bateau pour traverser la mer Caspienne.

En fait le port d’embarquement se situe une cinquantaine de km au Sud de Bakou à ALAT. Il est assez simple de le trouver, il suffit de suivre la route qui va en Géorgie. Le port est indiqué sur un panneau. Sur place on peut si on ne l’a pas déjà fait, acheter les billets. Si on a fait l’achat sur internet, il faut s’inscrire sur les listes d’attente afin d’avoir de la place sur le prochain bateau. Le bureau se trouve dans un bureau sans aucune indication (sorte de container – demander). Sur place on trouve : un ATM (distributeur), une sorte d’épicerie (dans un container), et juste à côté, de quoi prendre un café (dans un autre container à côté), des WC … à la propreté perfectible, des douches (payantes… je n’ai pas essayé) et on peut y planter une tente, dans un espace spartiate coincé entre un grillage et un bâtiment vide. L’attente peut durer plusieurs jours … mais cela s’avère plutôt sympa puisque c’est le passage obligé de tous les voyageurs empruntant cette route.

J’y rencontre Yves et Mimona, un couple de cycliste, ainsi qu’Alex, un cycliste Allemand. Il y avait aussi Yacoub et Nélia un jeune couple d’autostoppeur Hollandais, Luc un Français en 4X4 qui habitent à 9 km de chez moi en France. Dans l’Hôtel tout proche se sont installé un trio d’Autrichiens qui vont en Inde en Scooter Vespa Rouge de 300 cc (leur site : http://elephant-to-india.com), sans oublier la belle blogueuse Thuymi accompagnée de ses deux chevaliers servants. Elle détonne un peu dans au milieu de tous ces baroudeurs avec ses tenues affriolantes mais sa bonne humeur est communicative et son sourire fait fondre le plus revêche des douaniers.

 

 

Kazakhstan

Nous arrivons à Aktaou vers 21h… le passage de la frontière prendra 6h et ce n’est qu’à 3h du matin que je pourrai enfin planter ma tente aux côtés de celles des cyclistes qui dorment à poings fermés depuis longtemps : avec leurs vélos, ils échappent aux formalités longues et fastidieuses d’importation de véhicules.

Le lendemain nous nous séparons. Pour ma part je rejoins Luc et son 4X4. Nous décidons de faire la route ensemble durant quelques temps. Il n’a pas de visa Uzbeck. Cela signifie un détour de plusieurs centaines de kilomètres suivant la route que l’on décide d’emprunter. J’hésite un instant puis que décide de le suivre : cela me permettra de voir la mer d’Aral au Nord (côté Kazakh) ou tout au moins ce qu’il en reste. Un second choix se présente assez vite quant au choix de l’itinéraire. Pour rejoindre le Kirghizstan via le Kazakhstan, il y deux routes : l’une faite d’un bon asphalte tout du long, mais longue de près de 2000 km par rapport à la voie Uzbeck, et une plus courte, qui ne rallonge que de 800 km environ mais qui passe par une route dont tout me laisse à penser qu’elle ne doit pas être en bon état. Je décide d’emprunter cette dernière option… cela coutera une galerie et son chargement au Land de Luc, ainsi qu’un triangle de suspension avant, complètement tordu suite à un choc et enfin le début de séparation de l’habitacle du châssis… seuls les camions empruntent cette route plutôt cassante. Les ingénieurs que nous avons eu l’occasion de rencontrer nous confieront que la nouvelle route en cours de réalisation sur certains tronçons sera terminée d’ici 3 ans. En dehors de ces camions, nous ne croisons que des chameaux et chevaux (sauvages ?) dans cette steppe qui s’étend à perte de vue.

 

 

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6 Comments

  • Reply Dufour Alain 11 septembre 2018 at 17 h 04 min

    On s’est fait un peu de soucis ….mais pas trop(comme dit Steph:T’es le plus fort!)
    Attention à la vodka, qui,sans être franchement toxique, il faut bien le reconnaitre, est quand mème une boisson pour hommes…..5Nous avons tous connu une petite qui en prenait 2 verres au petit déjeuner….vagues souvenirs des”Tontons flingueurs” .Continue à te faire plaisir

    • Reply Jean-jacques ANEYOTA 1 octobre 2018 at 12 h 22 min

      OUi.. je suis en train de réfléchir à la suite… l’année prochaine…

  • Reply JM 3 septembre 2018 at 13 h 35 min

    Pas de nouvelles pendant 3 semaines. Je craignais le plan galère mais finalement tu as plutôt limité les dégâts..????

  • Reply Steph 2 septembre 2018 at 4 h 19 min

    Tenir la chandelle a des gens’ en voyage de noces, se peter le pouce sur un trottoir et se bourrer la gueule avec un meurtrier…voilà 3 passages qui m’ont fait plus que sourire! T’es le plus fort JJ!

    • Reply jj ANEYOTA 6 septembre 2018 at 4 h 14 min

      Ah ah ah 🙂

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