Jérôme à Velo

Jérôme – le bout de la route

Quelques nouvelles de Jérôme. Pour l’occasion il a volé le titre d’un de mes chapitres 😉

Prenez le temps d’aller voir ses photos, elles sont magnifiques.

Aéroport de Fukuoka. Yasutake-san vient de me déposer. Avec ses collègues d’Hitachi ils se sont démenés pour m’aider à empaqueter le vélo après m’avoir offert le petit déjeuner. Hier soir c’est un coréen qui m’a invité à diner. Pour me montrer son respect m’a-t-il dit. La veille j’étais chez Toshio-san, que j’avais rencontré sur Hokkaido lors de mon arrivée au Japon. Il est venu me retrouver au nord de Kyushu pour m’emmener chez lui. Parfois je me demande pourquoi ces gens m’accueillent de cette façon. Parce que j’ai roulé depuis la France ? Certainement mais pas seulement. Je suis de plus en plus convaincu que les gens sont fondamentalement gentils et accueillants. Je me rappelle le pompiste de la station-service du côté d’Auxerre qui nous avait fait rentrer dans l’arrière-boutique pour nous offrir un thé chaud, ou la cuisine du couple de retraité de Beaune où nous avions trouvé refuge le 01 janvier 2015 alors qu’il faisait – 10 dehors. Je n’avais alors parcouru que quelques centaines de kms à l’époque. Rien d’exceptionnel. Mais la vue du vélo chargé doit agir comme un catalyseur, permettre au potentiel d’empathie de tout un chacun de s’exprimer. C’est magique. En ces temps où la peur de l’autre  et le repli sur soi se rependent de plus en plus c’est bon de rencontrer toutes ces personnes qui t’ouvrent leur porte. 

Bon, ça n’a pas été comme ça tout le temps. Ces deux derniers mois ont en fait été assez durs. Je me suis entêté à camper tous les soirs. Ça use à la longue. Au milieu de nulle part ou au centre de grandes villes, je plantais ma tente. Le Japon est fantastique pour ça. Il y a une grande tolérance envers les étrangers ici. Je me demande comment la police française réagirait si je plantais ma tente au milieu du Champ de Mars ou sur la pelouse des Jardins du Luxembourg.

Je serai resté presque 3 mois au Japon. C’était juste bien. Ses montagnes, ses volcans et onsens vont me manquer ! La nature est vraiment belle et sauvage ici. Il faut juste prendre un peu de hauteur et sortir des plaines. Je me souviendrai également de la gentillesse des japonais, de leur affabilité, de leur politesse, de leur respect d’autrui. Un peuple vraiment à part qui arrive à combiner traditions et modernité. Mon gros regret, comme d’habitude, est de ne pas avoir pu communiquer plus en japonais. 

Donc voilà, dans quelques heures j’aurai quitté le Japon. Ma route vers l’est s’arrête ici. Les Amériques patienteront. Je prends l’avion avec mon vélo pour la première fois. Un peu ému ! J’attends mon vol pour Hong Kong où je vais m’arrêter quelques jours chez Corinne et Kirk. De là je m’envolerai vers Angkor Wat retrouver les parents. 

A partir de maintenant j’attaque le retour et remets le cap à l’ouest. Si je ne m’égare pas en route je serai de retour d’ici le printemps. Dans un premier temps je retourne vers l’Himalaya, au Népal. Une bonne dose d’air des montagnes pour réfléchir à la meilleure façon d’assurer un atterrissage en douceur. Il ne faut pas brusquer les choses…

 

 

 

 

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