La moto

Choix et préparation de la moto

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Le choix de la moto.

 

La moto est une BMW R 100 GS de 1991 que j’ai achetée pour le voyage de 2003 en Afrique. Initialement je cherchais une R 80 GS mais je n’en avais trouvé aucune ayant un faible kilométrage pour un prix raisonnable.

De fait, mon choix initial était soit l’Africa Twin, soit la R 80 GS. La R 100 ne fut donc qu’un choix par défaut.

Dans tous les cas, ces motos sont toutes bien trop lourdes pour des longs voyages en dehors des sentiers battus et j’avoue avoir hésité avant de décider de repartir avec la même.

Le poids est l’ennemi principal en voyage, et ce à plus d’un titre :

  • Certains « chemins » sont si difficiles que s’y aventurer seul avec une moto trop lourde relève de l’inconscience, à moins de faire soi-même plus de 100kg et d’être un adepte de l’haltérophilie.
  • Une grosse moto consomme plus, donc coûte plus cher. Par ailleurs, le gros réservoir une fois rempli est … lourd, ce qui ne fait qu’amplifier le problème initial.
  • Le poids, encore lui, provoque une usure rapide des pneumatiques, parfois difficiles à remplacer dans certaines parties du monde (voir photo)

Donc la règle devrait être : voyager léger. Une 250 suffirait à la plupart des voyages selon moi. Pourtant, j’ai décidé de repartir avec la même, pour des raisons pas toujours objectives :

  • Elle est d’une mécanique à la fois simple et fiable que je connais bien désormais.
  • Elle n’est pas trop difficile à relever pour un homme seul grâce à ses cylindres
  • J’aime bien la conduire, même si dans certaines circonstances je peste contre son poids. Je dois dire que le temps a sans doute effacé de ma mémoire certaines des galères que j’ai pu vivre avec.
  • Son couple est un véritable confort de conduite tant que l’on ne doit pas affronter la boue, et ce quelques soit les difficultés.
  • Enfin et surtout, mais c’est totalement irrationnel : J’aime cette moto, j’ai souffert avec elle et voyagé grâce à elle. Je suis attaché à son « teuf-teuf » flegmatique et elle est ma compagne de voyage… pour le meilleur et pour le pire.

 

 

La préparation initiale (voyage Afrique 2003/2004)

 

Pour les curieux, voici les principaux points de la préparation faite pour l’Afrique :

  • Révision mécanique complète de la moto et remplacement de toutes les pièces d’usures par du neuf (y compris le disque d’embrayage)
  • Protection du faisceau électrique par une gaine de silicone hydrofuge (en spray, vaporisé sur le faisceau)
  • Changement de la selle d’origine par une selle mono place.
  • Changement du garde boue avant
  • Déplacement du radiateur d’huile afin de le mettre à l’abri des chutes éventuelles
  • Changement du bas de carter (bas de carter ALU marque HPN)
  • Protège poignets
  • Soudure d’une plaque plus large sur la base de la béquille latérale (afin de pouvoir béquiller dans des terrains meubles)
  • Cale-pieds plus larges.
  • Changement du réservoir par un réservoir 45 litres (plus filtres à essence).
  • Amortisseur Ölhins renforcé
  • Phare amovible supplémentaire
  • Branchement d’un allume cigare (afin de pouvoir recharger les appareils électriques)
  • Klaxon plus puissant (sirène)
  • Modification du porte bagage arrière afin de pouvoir recevoir un bidon d’essence de 10 litres.
  • Pose d’un câble d’embrayage neuf en double « prêt à monter »
  • Bagagerie alu et porte bagage renforcé. L’ensemble des boulons de fixation prévu par le fournisseur ont été remplacé par de la boulonnerie de plus gros diamètre.
  • Sacoche de réservoir avec porte carte
  • « Rondelle » permettant l’adaptation de pneu tout terrain à l’arrière (problème spécifique à cette moto)

 

 

Au bout de 16 mois de voyage, le bilan a été le suivant :

 

Ce qui était inutile :

  • Le phare supplémentaire, qui a cassé dès les premières chutes.  (J’ai toujours respecté cette règle d’or : ne jamais rouler la nuit, quitte à planter la tente dans des endroits improbables. Cela évite d’avoir à se faire livrer une jante avant par avion… n’est-ce pas Luc… 😉 )

 

Ce qui était utile : tout le reste mais plus particulièrement

  • La protection hydrofuge du faisceau électrique. Je n’ai eu aucun problème malgré des conditions d’humidités extrêmes en saison des pluies sous les tropiques.
  • La plaque sur la béquille latérale.
  • Le doublement du câble d’embrayage. Lorsqu’il a cassé en Tanzanie, je suis reparti 10 mn après. Il a suffi d’enclencher le neuf puisqu’il était pré-monté.

 

Ce qui était perfectible ou qui manquait :

  • La selle, trop dure, mal profilée, pénible au bout de plusieurs mois de voyage.
  • Le filtre à air : pièce d’origine, ce qui m’a obligé d’avoir du spare, pas lourd mais encombrant.
  • Le klaxon : les animaux sont totalement insensibles aux sirènes (en revanche, très pratique pour se frayer un passage dans certaines capitales très embouteillées 🙂 ). Il faut un klaxon du genre « trompe »
  • Pas de réserve d’eau sur la moto.
  • La bagagerie alu, trop fragile, mal profilée (heureusement que j’avais des sangles à cliquets afin de les fixer sur la moto, puisque les attaches d’origines ont été littéralement arrachées lors des chutes successives).
  • Les joints des tiges de culbuteurs auraient dû être changé
  • Le disque d’embrayage aurait dû être changé par un disque céramique et non par un disque d’origine.
  • Les roulements (direction, bras oscillant) auraient sans doute dû être changés avant le départ.

 

Les problèmes mécaniques durant de le voyage (hors casse et pièces d’usure « standards » – La moto a été entièrement révisée à CAPE TOWN en AFRIQUE DU SUD) :

  • Roulements de direction et de bras oscillant
  • Disque d’embrayage (changé en Afrique du sud. En le voyant, je n’ai pas compris comment je pouvais encore rouler sans problème)
  • Amortisseur et cardan (au bout d’environ 40 000 km les deux ont cédés à peu près en même temps)
  • Joints de tige de culbuteur
  • Le démarreur (remplacé par un Bosch d’occasion au Ghana, plus solide que le Valéo d’origine qui n’a pas résisté aux vibrations : les masses polaires, simplement collées, se sont détachées)
  • Câbles d’allumage
  • Joint spi de fourche qui a laché plusieurs fois, je pense à cause d’une fourche légèrement voilée.

 

Ce qui n’a jamais posé de problème :

  • Le moteur
  • Le cadre et les roues
  • Le faisceau électrique
  • la boite de vitesse

 

 

 

Préparation actuelle.

 

Fort de mon expérience, voici la préparation pour ce second raid. La base reste la même et cela a surtout consisté à une remise à neuf de la moto par JEAN CASTERA :

  • Changement de l’ensemble des pièces d’usure et des différentes huiles
  • Pot d’échappement neuf
  • Fourche avant d’occasion
  • Etriers de freins neufs
  • Durite aviation
  • Béquille latérale neuve
  • Protèges carter neufs
  • Amortisseur reconditionné
  • Remise à neuf de l’alternateur (bobine)
  • Remise à neuf des carburateurs
  • Changement des charbons du démarreur
  • Filtre à essence
  • Tous les flexibles et caoutchoucs. Tous les joints, y compris les joints de bas de carter
  • Réalésage du moteur
  • Changement de la chaine de distribution
  • Changement boitier CDI, etc…
  • J’ai remis des clignotants à l’avant et un petit saute vent

 

Ce qui n’avait pas été fait lors de la première préparation :

  • Filtre à air mousse
  • Guidon Alu renforcé
  • Disque d’embrayage céramique

 

 

Ce qui reste à faire (et qui n’avait pas été fait lors du premier voyage) :

  • Remplacement du faisceau électrique
  • Réserve d’eau fixée juste derrière la selle (c’est à mon sens le meilleur endroit : à la fois protégé du soleil et des chutes. Pour le moment les réserves ont été fixées sur l’avant mais cela ne me convient pas pour deux raisons : trop de poids sur l’avant et trop exposé aux chutes)
  • Klaxon survitaminé (je pense adapter un klaxon de Goldwin, j’en cherche un d’occasion pas trop cher)
  • Remplacement de la boite de vitesse par un modèle reconditionné avec Kick
  • Nouvelle selle (en cours, cela fera l’objet d’un article à part entière très prochainement)
  • Nouvelle bagagerie Alu (l’ancienne est irrécupérable)

 

 

 

 

 

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10 Comments

  • Reply Jb (asierider) 12 juin 2016 at 2 h 11 min

    Je comprend tout a fait ton choix de garder ta moto et de l’améliorer !! J’ai fais le même avec mon africa twin, et je n’ai pas fini de pester dans le sable ou la boue ????

    • Reply Le Saltimbanque Amoureux 12 juin 2016 at 7 h 39 min

      Hello.
      Tu pars ou est parti vers l’Asie?

    • Reply Le Saltimbanque Amoureux 12 juin 2016 at 7 h 46 min

      Je viens de voir ton site asierider.com. Cambodge … on était là bas en même temps ! Décembre 2014. J’ai loué une moto (250 ) et remonté le Mekong en le suivant au plus près par des chemins de boeufs jusqu’au Nord, puis Ratanakiri et Mondolkiri puis petite incursion à l’Ouest pour voir les temples.

  • Reply Boris Delaroque 12 juin 2016 at 0 h 09 min

    Bravo! Superbes écrits! J’ai hate de lire la suite 🙂

    • Reply Le Saltimbanque Amoureux 12 juin 2016 at 7 h 38 min

      merci. Pour ce qui concerne les écrits… mon livre sur le premier voyage doit paraitre en octobre …. mais chuuutttt pour le moment, il faut pas que je le dise 😉

  • Reply Guillaume 11 juin 2016 at 22 h 00 min

    J’aime beaucoup ton style. C’est hyper clair et inspirant

  • Reply Le Saltimbanque Amoureux 11 juin 2016 at 21 h 59 min

    bonne remarque… tubuless, sur tes recommandations.. avec un jeu de chambre au cas où ! lol

    • Reply Luc COTTERELLE 12 juin 2016 at 9 h 32 min

      A voir mais je crois qu’il te faudra changer les jantes pour poser des tubeless… Je pense que c’est impossible sur les jantes à rayon d’origine … Peu être chez “Akront” en Alu …
      Ouep : Jamais rouler de nuit …. Même à 40 km d’une ville ….

  • Reply Luc COTTERELLE 11 juin 2016 at 21 h 19 min

    Belle préparation ! Si si l’ancienne bagagerie est récupérable ! Pour mettre la glace et le champ pour ton pot de départ !
    Sinon tu ne parle pas des pneus .. Tu repars en chambres ? Ou installes des tubeless ?
    P fait C !

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